Les pronoms personnels - I prunomi persunali


Généralités

Les pronoms personnels sont soit sujets soit compléments (objets), et ils sont soit forts soit faibles.

Inventaire
Exemples d'utilisation
Les pronoms réfléchis
Les pronoms neutres 'ci' et 'ne'
Utilisation avec les verbes vulè et pudè

Voir les phrases avec des pronoms personnels.


Inventaire

Pronoms forts Pronoms faibles 1
sujet eiu, eo

ellu / ella
noi
voi
elli / elle
moi
toi
lui / elle
nous
vous
eux / elles
e' = o' 1

ellu / ella
no' 1
vo' 1
elli /elle
je
tu
il / elle
nous
vous
ils / elles
objet C.O.D C.O.I ou d'attribution


sè , ellu / ella
noi
voi
elli / elle
moi
toi
soi , lui / elle
nous
vous
eux / elles
mi
ti
lu / la , u / a, l'
ci
vi
li /le , i / e , l'
me
te
le / la
nous
vous
les
mi
ti
li
ci
vi
li
me
te
lui
nous
vous
leur

1 : e', o', no' et vo' résultent de l'apocope de eiu, eo, noi et voi. Ils sont donc invariables. Ils sont le plus souvent écrits sans l'apostrophe.
2 : Dans une phrase affirmative classique "tu manges", le pronom sujet n'est pas indiqué "manghji". Par contre il apparait toujours au subjonctif (voir exemples ci-dessous) et dans les propositions subordonnées. Quand on le met, il s'agit alors du pronom fort et il sert à marquer l'insistance : "tù manghji" = "toi, tu manges" (sous-entendu peut-être que moi non). Il se trouve que dans cet exemple le pronom faible est aussi le pronom fort : mais on ne dira pas "o manghju" ou "vo manghjate" mais bien "eiu/eo manghju" et "voi manghjate".


Exemples d'utilisation

Sujet
Pronoms forts Pronoms faibles
eiu, manghju
voli vede, tù ?
ellu, cummanda
noi, simu morti
viderete voi
elli, ampàranu
moi, je mange
veux-tu voir, toi ?
lui, il commande
nous, nous sommes morts
c'est vous qui verrez
eux, ils apprennent
ci vole ch'e colli
ci vole chè tù falli
ci vole ch'ellu parti
ci vole chè no pàrtimu
ci vole chè vo sìate
ci vole ch'elle càntinu
il faut que je monte
il faut que tu descendes
il faut qu'il parte
il faut que nous partions
il faut que vous soyez
il faut qu'elles chantent
 
Objet
C.O.D C.O.I ou d'attribution
veni cù mè
vengu cun tè
pinsà à sè
vengu cun ella
pinsate à noi 
pinsemu à voi
travagliu per elli
viens avec moi
je viens avec toi
penser à soi
je viens avec elle
pensez à nous
nous pensons à vous
je travaille pour eux
mi crede
ti credu
u credu
ci crede
vi credu
i credu
l'aghju cridutu
il me croit
je te crois
je le crois
il nous croit
je vous crois
je les crois
je les ai cru
mi parla
ti parlu
li parlu
ci parla
vi parlu
li parlu
il me parle
je te parle
je lui parle
il nous parle
je vous parle
je leur parle

Exemples d'utilisation des pronoms personnels complément faibles : il existe une règle d'écriture particulière qui consiste à attacher au verbe qui le(s) précède le(s) complément(s) faible(s) dans les cas suivants :

- après un impératif,
- après un verbe à l'infinitif,
- après un gérondif.

La première lettre est doublée après une syllabe possédant l'accent tonique. En rouge le C.O.D, en violet le C.O.I. .

Corsu Franšais Altra forma *
Impératif Fallu da per tè ! Fais-le toi-même ! fà lu
  Fàtelu voi ! Faites-le vous ! fate lu
  Fammi mottu ! Fais-moi un câlin ! fà mi
  mmilu ! Donne-le moi ! dà mi lu
  Dàtemilu ! Donnez-le moi ! date mi lu
  Arricòrdati ! Rappelle-toi ! arricurda ti
  Arricurdàtevi ! Rappellez-vous ! arricurdate vi
  Dilla puru ! Tu peux le dire ! dì la
  Dìtela puru ! Vous pouvez le dire ! dite la
  O Bà, a fola, còntacila ! Papa, l'histoire, raconte nous la ! conta ci la
  Còntaci dui stavatoghji ! Raconte-nous quelques anecdotes ! conta ci
Infinitif Ci vole à arricurdatti Il faut te rappeller arricurdà ti
  Ci vole à vèdela per crèdela ! Il faut le voir pour le croire ! vede la, crede la
  Babbu hà da cuntacci una fola. Papa va nous raconter une histoire. cuntà ci
Gérondif Sò vinutu purtèndulu. Je suis venu en le portant. purtendu lu
  Hè megliu dicèndula ! C'est mieux en le disant ! dicendu la
  Dicèndumila, m'hai fattu piace ! En me le disant, tu m'as fait plaisir ! dicendu mi la

Rappel : en toute logique, l'accent (aletta) ne doit pas être mis lorsqu'il n'est pas situé sur la dernière syllabe. Il n'est transcrit ici que pour des raisons 'pédagogiques'. Voir la note sur l'écriture utilisée sur ce site.

Remarque : c'est la même règle qui est appliquée aux pronoms neutre Ci et Ne.

* L'écriture normale et vivement conseillée est donnée dans la première colonne; une autre forme (parfois utilisée mais à prohiber totalement dans la troisième (ce qui n'empêche pas certains auteurs contemporains d'écrire ainsi). Ecrire ainsi est absurde et peut conduire à des erreurs, notamment quand une phrase est coupée en bout de ligne. Ce risque peut être éliminé de deux façons : comme le fait le corse ou l'italien en accollant les mots, ou comme le français en utilisant le trait d'union. Tout autre choix ne relève que d'idéologies ** qui défient le bon sens et la clarté d'un propos écrit. Ce choix est ridicule et périlleux.
** Il semblerait que, le corse n'étant pas de l'italien (voir texte), il faille "maximiser la distance" entre les deux écritures (!!!!). Pour ceux qui visent un tel "objectif" , le corse est déjà suffisamment différent de l'italien sans que l'on ait besoin d'ajouter des artifices inutiles, ridicules et surtout injustifiés.

Voici quelques exemples où le pronom faible est placé avant le verbe :

Corsu Franšais
Sse mele, e mi dai ? Ces pommes, tu me les donnes ?
A vittura, a m'hai purtata ? La voiture, tu me l'as apportée ?
A m'hà detta Petru. C'est Pierre qui me l'a dit.
Aila rifrita ? L'as-tu rafraîchie ?

Voir aussi Le trait d'union.

Extrait de dans le chapitre 5 "Les pronoms personnels".

Les formes conjointes, atones le plus souvent, sont étroitement unies au verbe, qu'elles soient proclitiques (1) ou enclitiques (2) :

1) U vecu ; a li diciaraghju dumane ; ci vole ch'e passi in Lu Salge ... = Je le vois ; je le lui dirai demain ; il faut que j'aille à Salice.

2) Dillali ! Ci tocca à biccacci ; falendumine aghju fattu panna ; cacciatusi à fughje pà quelle scatapechje s'hè intracunatu = Dis-le lui ! Il faut passer par là ; En m'en redescendant je suis tombé en panne ; Dans sa fuite éperdue à travers les gorges et les falaises il a roulé au fond d'un ravin.

En ce qui nous concerne -après avoir longtemps hésité- nous pensons que la soudure entre le verbe et le (les) pronom(s) enclitique(s) est si forte que l'orthographe doit nécessairement en rendre compte, d'autant plus qu'une orthographe Dì la li ! ... qui "brise l'onde de lecture" selon une heureuse expression de P. Marchetti peut entraîner de fâcheuses conséquences en dénaturant la langue.


Les pronoms réfléchis

Le pronom complément dans la conjugaison pronominale. Le verbe campassi [se régaler] :

Corsu Franšais

mi
ti
si
ci
vi
si

me
te
se
nous
vous
se

mi campu
ti campi
si campa
ci campemu
vi campate
si càmpanu

je me régale
tu te régales
il se régale
nous nous régalons
vous vous régalez
ils se régalent

Ils s'élident devant une voyelle (sauf ci devant a,o,u). Les verbes arricurdassi [se souvenir] et ingrunchjassi [se courber] :

Franšais Corsu Franšais Corsu
je me souviens
tu te souviens
il se souvient
nous nous souvenons
vous vous souvenez
ils se souviennent
m'arricordu
t'arricordi
s'arricorda
ci arricurdemu
v'arricurdate
s'arricòrdanu
je me courbe
tu te courbes
il se courbe
nous nous courbons
vous vous courbez
ils se courbent
m'ingrunchju
t'ingrunchji
s'ingrunchja
c'ingrunchjemu
v'ingrunchjate
s'ingrùnchjanu

Dans , l'auteur dit que ci ne doit pas être élidé, ce qui se comprend puisque c'arricurdemu pourrait être mal lu. Ci arricurdemu se prononce par contre sans difficulté [ʧarrigurd'ɛmu]. Par contre, c'inchjerchjemu = ci inchjerchjemu ("nous faisons un cercle") serait acceptable, de la même manière que c'era = ci era (il y avait).

Voir Les verbes pronominaux.


Les pronoms neutres Ci et Ne

A ne pas confondre avec les adverbes de lieu Ne (en : j'en viens) et Ci (y : j'y vais, tu y es).

  Corsu Franšais
ne  en  Ne vulete ?
Ne piglieraghju quattru
Chì ne dite ?
Ne parlaremu un'antra volta.
Avètene càmere ? = Ne avete càmere ? = N'avete càmere ?
Vous en voulez ?
J'en prendrai quatre
Qu'est-ce-que vous en dites ?
Nous en parlerons une autre fois.
Vous (en) avez des chambres ?
ci  y  Ci pinsate ?
Ùn ci capisci nunda !
Ci pinseremu un'antra volta.
Vous y pensez ?
Tu n'y comprends rien !
Nous y penserons une autre fois.

On applique à ne et à ci la même règle d'écriture que pour les pronoms faibles qui suivent un verbe :

- à l'impératif,
- à l'infinitif,
- au gérondif.

La première lettre est doublée après un accent tonique. Exemples :

Corsu Franšais
Avemu da pinsacci a pròssima volta. Nous allons y penser la prochaine fois. 1
Pinsàteci a pròssima volta. Pensez-y la prochaine fois. 2
Ci hè propriu da fanne un cuncistoriu !

Il y a vraiment de quoi en faire toute une histoire ! 3

Ci vole à parlanne sùbitu. Il faut en parler tout de suite. 3
Parlàtene cun elle. Parlez-en avec elles. 4
Dàtemine ! Donnez-m'en !

1 : Notez qu'ici le français met le 'y' avant le verbe à l'infinitif !
2
: Notez qu'ici le français met un trait d'union !
3
: Notez qu'ici le français met le 'en' avant le verbe à l'infinitif !
4
: Notez qu'ici le français met un trait d'union !

Les écritures suivantes sont à proscrire ! Pour les mêmes raisons que plus-haut

Corsu
Avemu da pinsà ci a pròssima volta.
Pinsate ci a pròssima volta.
Ci hè propriu da fà ne un cuncistoriu !
Ci vole à parlà ne sùbitu.
Parlate ne cun elle.
Date mi ne !


Utilisation avec les verbes Vulè et Pudè

Le pronom complément d'objet est utilisé différemment avec ces deux verbes.

Corsu Franšais
Mi pudete aiutà ? Pouvez-vous m'aider ?
Mi vulete aiutà ? Voulez-vous m'aider ?

Voir Le verbe Vulè et Le verbe Pudè.

Valid HTML 4.01 Strict Valid CSS!