Avant-propos - Intròitu


Avant toute chose ...
Pourquoi ce site ?
Ses limitations
Les difficultés du corse
Les choix qui en découlent ...
A quoi ca sert d'apprendre le corse ?
Comment naviguer sur ce site ?


Avant toute chose ... - Prima di cumincià ...

Ce site vous permettra de collecter des informations pratiques ou théoriques sur la langue corse.

Mais il ne faut jamais perdre de vue que seule la pratique d'une langue permet de la maîtriser réellement. Il faut se jeter à l'eau et, comme dit F.-M. Perfettini, laisser rire les sots. On ne progresse qu'en se trompant : c'est en forgeant que l'on devient forgeron, pas en lisant des livres ou des sites web (aussi bien écrits soient-ils ! ;-) ).
Les connaissances théoriques (grammaire, etc ...) ne sont pas un obstacle, loin s'en faut, mais ne doivent venir qu'après la pratique. De la pratique, la pratique et encore la pratique. Faire passer l'apprentissage des règles de grammaire avant la pratique réelle d'une langue est la règle dans l'Education Nationale française, et l'on voit avec quel résultat ! Le français moyen parle un anglais absolument navrant (pour ce qui est de la langue étrangère la plus apprise).
Faites l'effort de comprendre les règles de prononciation, mais parlez encore et toujours, tout seul à la première occasion ... dites des sottises, ce n'est pas grave. La peur de dire une bêtise vous inhibe et vous empêche de faire des progrès. Si vous le pouvez, allez dans une association; il y en a forcément une dans votre région.

À chì dorme ùn piglia pesci. - Celui qui dort ne prend pas de poisson.

Ne cherchez pas à aller trop vite. Un savoir ne s'acquiert ni instantanément ni sans effort. Il faut construire, doucement mais assurément, étage après étage, les fondations de votre savoir. Il faut commencer par apprendre et maîtriser les choses simples puis aller crescendo dans la maîtrise de choses plus complexes. Il faut toujours vous appuyer sur ce que vous avez acquis et dont vous êtes sûr. Comme pour n'importe quelle langue, il y a des bases que l'on ne peut se dispenser d'apprendre.

Sur ce site, j'ai voulu m'adresser à tous : donc les débutants trouveront la matière pour débuter, mais j'espère que les autres y trouveront aussi de quoi se faire plaisir et apprendre ...
Les bases apprises, acquises, maîtrisées, vont vous permettre de progresser en faisant des phrases un tout petit peu plus complexes, et ainsi de suite ... Apprendre signifie acquérir de nouveaux savoir, mais ceux-ci ne pourront l'être qu'à la condition expresse qu'ils viennent consolider un savoir acquis parfaitement maîtrisé. Ne vous lancez pas dans l'apprentissage du subjonctif imparfait si vous ne savez pas faire des phrases simples au présent de l'indicatif avec les verbes essentiels de la conversation courante !
Ne vous dispensez pas d'apprendre, par coeur au besoin, ces verbes là : on ne saurait parler le corse sans connaître a minima les auxiliaires (esse, avè), les verbes les plus usuels (vouloir vulè, savoir sapè, pouvoir pudè, dire , ...), etc ...
C'est non seulement le plus sûr moyen d'apprendre une langue, mais également celui qui vous verra faire de réels progrès et vous empêchera donc de vous décourager en chemin. On apprend le corse non pas pour faire des affaires, mais par amour d'une langue, d'une terre, d'un peuple. Ne vous laissez pas aller à votre penchant naturel qui est de vouloir tout savoir et vite. La bâtisse la plus solide est celle qui est construite pierre par pierre, chacune bien encastrée dans les précédentes et prête à recevoir la suivante.
La difficulté majeure du corse réside dans la mutation consonantique. J'ai fait l'effort de mettre une notation figurée (basée sur la notation phonétique de l'API) de la prononciation pour que le lecteur puisse aisément acquérir un automatisme de langage.
Enfin, sachez que la répétition à voix haute (jamais dans votre tête) est le seul moyen de vous faire prendre conscience de vos erreurs ! Quand on répète dans sa tête, on ne fait jamais d'erreur ! Parlez et ... écoutez-vous !

Allora avà, tocca à voi. Amparate cun piacè è campàtevi !


Pourquoi ce site ? - Stu situ, perchè ?

Ce site web est né d'un constat personnel : il n'existe pas (à ma connaissance !) de site dédié à l'apprentissage de la langue corse. Par là, j'entend un site où l'on puisse trouver des informations concernant la prononciation, l'orthographe, les conjugaisons, les règles de grammaire, et un nombre de phrases simples mais suffisantes pour débuter. Le site A lingua corsa s'adresse donc modestement à tous ceux qui ne peuvent pas accéder facilement à ces informations que l'on ne trouve nulle part rassemblées.
Il est clair que le meilleur moyen d'apprendre une langue est de la parler ! Encore faut-il pouvoir le faire ; il y a nombre de gens coupés de leurs racines, qui ont l'envie mais pas le temps libre ou la possibilité de le faire. Mon ambition n'est certainement pas de faire un cours de corse (il en existe d'excellents que je vous recommande vivement ! voir bibliographie).
Ce site évoluera au gré de mes disponibilités (parce que je suis seul et bénévole !) : toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Si ce site intéresse un tant soit peu les corsophones et corsophiles, il aura atteint son but.


Ses limitations ... - E limitazione ...

N'ayant pas les compétences qu'il serait nécessaire d'avoir pour faire un vrai cours (en latin, en italien, en linguistique, en phonétique, en étude comparative des langues, en histoire des langues, sociolinguistique, ....), il ne s'agit que de mettre en ligne des informations picorées ici et là et d'y mettre ma patte personnelle sur les questions touchant à l'écriture au sens large.


Les difficultés du corse - Ùn hè tantu fàciule u corsu

L'apprentissage du corse n'est pas chose facile. Cette langue possède des particularités qui la rendent passionnante mais difficile d'accès pour un francophone d'origine. Les phénomènes d'alternance vocalique et de mutation consonantique sont déroutants, tout au moins au premier abord ; quant à l'écriture et à la prononciation, mis à part ces phénomènes, pour qui a fait un peu d'italien, la parenté sautera aux yeux. En effet, le fond commun de vocabulaire est quasiment total. Pour qui parle italien, le vocabulaire du corse ne lui posera généralement aucun problème.
Mais le corse, comme toute langue, a son génie qui lui est propre, c'est-à-dire ses tournures particulières, ses images spécifiques, qui sont le fruit de choix arbitraires et d'une lente et longue évolution. C'est ainsi que le genre des noms peut être différent de celui du français, que le neutre est rendu par le féminin (contrairement au français qui utilise le masculin), que le sujet est souvent mis après le verbe, etc ...
Le français est une langue à accent tonique fixe, c'est-à-dire que l'accent tonique est toujours situé sur la dernière syllabe d'un mot (sauf si la dernière syllabe contient un e muet : porte est accentué sur le o). Au contraire, le corse fait parti (comme le provençal, l'italien, l'espagnol et bien d'autres) des langues à accent tonique flottant. L'accent tonique peut être placé à peu près n'importe où. C'est ce qui rend cette langue si chantante. La difficulté apparait à la lecture puisque ces accents (sauf exeption) ne sont pas indiqués (comme en italien). Pour qui parle italien, cet aspect du corse ne lui posera aucun problème non plus.
Par contre, comme indiqué plus haut, il y a des difficultés propres au corse qui peuvent dérouter aussi bien les italiens que les autres :

La mutation consonantique (phénomène inconnu des langues nationales issues du latin ! *)
L'aperture des voyelles e et o (souvent opposée à celle de l'italien !)
L'alternance vocalique (phénomène assez facile à maîtriser)
La prononciation des lettres doublées. **
La prononciation des voyelles.
La prononciation des consonnes.

Le français étant une langue à accent tonique fixe, il a fait le choix d'indiquer l'aperture de la voyelle e (et bizzarement pas de o : pot et port ont des apertures différentes !) : et on a donc selon l'aperture : é, è, e, ê.
L'espagnol (langue à accent flottant) a fait le choix d'indiquer la place de l'accent tonique.
L'italien et le corse ont fait le choix de ne rien signaler, sauf l'accent tonique situé sur la dernière syllabe. Tout cours écrit (ou dictionnaire) digne de ce nom se doit de donner au lecteur les éléments permettant de sauter cet obstacle. Il n'est pas possible de signaler à la fois la place de l'accent tonique et l'aperture des voyelles. Donc, les gens privilégient à juste titre la signalisation de l'accent tonique. Et cela est d'autant plus justifié que celle-ci ne varie pas d'un coin de la Corse à un autre, ce qui n'est plus forcément vrai pour ce qui concerne l'aperture.

Enfin, la plus grosse difficulté pour un français est de ne pas tomber dans les pièges des faux-amis (c'est vrai dans toutes les langues), des néologismes ou emprunts déguisés inutiles *** (orosamente pour anc'assai ou ancu di grazia, lappinu pour cunìgliulu, pigeone pour culombu, ... j'en passe et des meilleures), des gallicismes (exemple : pare chì pour il parait que) et de ce que Pascal Marchetti appelle le phénomène du calque, et qui consiste à calquer les structures grammaticales ou syntaxiques françaises sur le corse (a to mamma pour màmmata, face fretu pour face u fretu, hà ben fattu pour hà fattu bè, ...).

"Au terme du processus, l'esprit de la langue, son articulation, son architecture, ses intonations, ses accents, sa musique et sa couleur propres auront disparu."

* : Il parait que d'autres langues romanes de l'aire italienne connaissent également ce phénomène. Ce n'est en tout cas pas le cas du toscan. Par contre il semblerait que les langues celtes connaissent ce phénomène qui est même parfois transcrit à l'écrit, c'est-à-dire qu'un mot pourra être écrit différemment selon sa place dans la phrase. Cela est d'ailleurs le cas chez certains auteurs corses ayant publié avant la codification actuelle.
** : considère, sans doute à juste titre, qu'il y a une perte de la distinction dans la prononciation de mots ayant une consonne double ou simple (pani, panni. ...). Cela peut nuire à la compréhension.
*** : Les néologismes sont nécessaires à toute langue vivante qui se doit d'évoluer, et ce dans un contexte mondial. Autant les emprunts tels que scanner, pizza, couscous, stop (panneau routier) sont incontournables, autant employer des mots français corsisés quand ils existent en corse, cela fait frémir (voir à ce sujet ).


Les choix qui en découlent ... - E scelte ch'aghju fattu ...

Compte tenu des constats faits au paragraphe ci-dessus, et afin de faciliter l'apprentissage, il a fallu faire des choix 'pédagogiques' sur ce site (bien que, je le rappelle, je n'aie aucune compétence particulière !) :

Les accents toniques seront marqués lorsqu'ils sont ailleurs que sur l'avant-dernière syllabe, ce qui est contraire à la 'norme' * mais que l'on trouve dans certains dictionnaires (heureusement !) et même chez certains auteurs : voir les notes sur l'écriture.
Afin d'assurer que la lecture soit possible, la phonétique ou prononciation figurée est donnée (si possible !).
Un lexique donne la prononciation figurée des mots possédant des e ou des o afin d'en indiquer l'aperture.

Pour augmenter encore un peu la difficulté de l'apprenant, il existe des variantes régionales. Pour aller vite, on dit habituellement qu'il existe deux grandes variantes : celle du nord et celle du sud. Toutefois, ces deux grandes variétés possèdent elles-mêmes de multiples petites variantes, mais qui n'empêchent nullement l'intercompréhension.

Ce site est dédié à l'apprentissage de la variété linguistique régionale dite

'Corse du nord' ou 'Corsu supranu',

par opposition avec le 'Corse du sud' ou 'Corsu suttanu'. Voir les Variantes du corse du sud pour plus de détails.

* : qui est la même que pour l'italien. Seuls les accents toniques situés sur la dernière syllabe sont indiqués. L'espagnol quant à lui indique généralement les accents non situés sur l'avant-dernière syllabe.


A quoi ça sert d'apprendre le corse ? - U corsu chì ghjova ?

Extrait de Leçon 76, p.346.

"(...) U corsu, chì ghjova ? dìcenu uni pochi. Hè bell'è càpita chì ùn ghjuverà micca à fà u cumerciu cù e Mèriche ! Ma ghjova. Una, chì ghjé a lingua di i Corsi è tutt'ugnunu hà da sapè a soia, a lingua. U corsu ghjova, chì quand'omu u sà, s'ampàranu megliu l'altre lingue, màsimu e latine, ma ancu quill'altre. U corsu ghjova chì vi face cunnosce un paese, u pòpulu chì ci stà, a so cultura, u so pensamentu, a so puesìa. È po : s'ellu ùn s'avissi da fà chè cose ùtuli, Dìu ne salvi ! (...)"

"(...) Le corse, à quoi ça sert ? disent certains. Il est bien évident qu'il ne servira pas à faire du commerce avec les Amériques ! Mais il sert. D'abord, parce que c'est la langue des Corses et que chacun doit savoir sa langue. Le corse sert, car lorsqu'on le connait, on apprend mieux les autres langues, surtout les langues latines, mais aussi les autres. Le corse sert car il fait connaître un pays, le peuple qui y vit, sa culture, sa pensée, sa poésie. Et puis : si l'on ne devait faire que des choses utiles, le Ciel nous en préserve ! (...)"

Extrait de .
"A lingua corsa" (texte d'origine suivi du texte 'remanié' selon l'écriture utilisée sur ce site).

"U filosofu di l'antichità ha dettu chi a piu gran disgrazia par un populu è quella di perde a so lingua, perdita ancu piu irriparabile ca quella di a libertà. A libertà si ripiglia qualchi volta dopu lutte sanguinose, e mette sempre un raggiu di spiranza in la bandiera di i patriotti valurosi. (...) Mentre chi a lingua, persa una volta è persa par sempre. Un populu incapace di parlà l'idioma di u so paese, ch'un sente più e dulcezze musicale di quella voce ch'ha annannatu a so infanzia e cunsulatu e so svinture, dimintichendu l'insegnamenti più nobili e più sacri di a famiglia, prununcia ellu stessu a so sintenza di morte. (...) Insignataci da l'affettu di e nostre mamme ch'un cunniscianu ne gramatiche ne dizziunarii, sta lingua deve ritruvà un postu d'onore in le scole, in le cunversazione, in li jurnali e in li libri. Per questu dumandemu l'unità di tutti l'omi di core chi volenu cunsirvà stu patrimoniu cume un ricordu preziosu di l'antichi. (...) Mittemuci a l'opera."

"U filòsofu di l'antichità hà dettu chì a più gran'disgrazia per un pòpulu hè quella di perde a so lingua, pèrdita ancu più irriparèvule cà quella di a libertà. A libertà si ripiglia qualchi volta dopu lutte sanguinose, è mette sempre un raggiu di speranza in la bandera di i patriotti valurosi. (...) Mentre chì a lingua, persa una volta hè persa per sempre. Un pòpulu incapace di parlà l'idioma di u so paese, ch'ùn sente più e dulcezze musicale di quella voce ch'hà annannatu a so infanzia è cunsulatu e so svinture, dimintichendu l'insegnamenti più nòbili è più sacri di a famiglia, prununcia ellu stessu a so sintenza di morte. (...) Insignàtaci da l'affettu di e nostre mamme ch'ùn cunniscìanu nè gramàtiche nè diziunarii, sta lingua deve ritruvà un postu d'onore in le scole, in le cunversazione, in li ghjurnali è in li libri. Per questu dumandemu l'unità di tutti l'omi di core chì vòlenu cunsirvà stu patrimoniu cume un ricordu preziosu di l'antichi. (...) Mittèmuci à l'òpera."

"Un philosophe de l'antiquité a dit que le plus grand malheur pour un peuple est celui de perdre sa langue, perte encore plus irréparable que celle de la liberté. La liberté se reconquiert quelquefois au prix de luttes sanglantes et met un rayon d'espoir sur le drapeau des patriotes valeureux. (...) Alors que la langue, une fois perdue l'est pour toujours. Un peuple incapable de parler l'idiome de son village, qui ne sent plus les douceurs musicales de la voix qui a bercé son enfance et consolé ses mésaventures, en oubliant les enseignements les plus nobles et les plus sacrés de la famille, prononce lui-même sa sentence de mort. (...) Enseignée par l'affection de nos mères qui ne connaissaient ni grammaires ni dictionnaires, cette langue doit retrouver une place dhonneur dans les écoles, dans les conversations, dans les journaux et les livres. Pour cela, nous appelons à l'unité tous les hommes de coeur qui veulent conserver ce patrimoine comme un souvenir précieux des anciens. (...) Mettons-nous à l'ouvrage."


Comment naviguer sur ce site ? - Cumu possu navigà nant'à stu situ ?

Les conventions que j'ai choisies sont les suivantes :

Les textes en français sont écrits en noir (blanc sur fond foncé).
Les mots en corse sont écrits en couleur "a lingua corsa".
Les mots en italien sont écrits en couleur "a lingua italiana".
Les mots en latin sont écrits en couleur "a lingua latina".
L'écriture phonétique API est écrite en couleur et entre crochets : [al'ingwag'orsa].
Les liens (externes ou internes) se présentent comme suit : lien externe ou interne. Vous constatez que la couleur de ce lien change quand le pointeur de la souris le survole.
L'icône renvoie en haut de la page.
L'icône renvoie à la page appelante.
L'icône renvoie à une page asp et conduit donc pour le moment à une impasse. Inutile de cliquer dessus donc !
L'icône renvoie à une page html.

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